Pourquoi ?
Dans ta main grasse et moite, ton gros revolver,
Et dans l’autre ce poignard qui te vient de ton père,
Tu écumes, tu exultes, grisé de te savoir si puissant.
Rien n’endiguera la sauvagerie de ce flux ardent
Tu peux jouir sans limite, elles y passeront toutes
Dans un torrent d’hémoglobine et de foutre mêlés
Écorcheur avide de chair, exécuteur génocidaire.
Une femme t’attend, impatiente, prête à se donner,
Rivière de diamants glissant sur ses seins siliconés.
Tes filles, bien à l’abri, rêvent du héros, de ses caresses
À mille lieux d’imaginer ta folie meurtrière et perverse.
Te faire crédit d’une once d’humanité, impossible !
Ta barbarie et tes crimes ont eu raison de ton âme,
Raison aussi de la confiance que le peuple t’accordait
Fol espoir, à conquérir la paix, on ne trouve que terreur.
Pourquoi t’acharnes-tu si ce n’est fasciné par l’horreur.
Vautré dans les raclures douçâtres de stupre et de sang.
Toi, l’arrogant, tu oses dire que tu n’en as rien à foutre.
Sache que tu te trompes, ton ivresse meurtrière te perd.
Cris déchirants des femmes violées, rien ne les fera taire.
Trop tard, tu as franchi le Rubicon, pas de ticket-retour,
Vaine serait ta fortune, la bonté humaine ne s’achète pas.
Rassure-toi, tu n’es pas seul à croupir dans ce chaos éternel.
Homme, ton enfer devient aussi noir que ta soif de barbarie
Depuis la nuit des temps, tu violes, tu tortures, tu assassines.
Tel est ton besoin, jouir à faire souffrir, à voir l’autre mourir ?
Thierry Delcourt
Image : Œuvre de Marlène Dumas
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