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THIERRY DELCOURT

Articles avec #artistes et creation

EXPOSITION CAROLYN CARLSON AU MUSEE LA PISCINE

19 Juin 2017, 20:16pm

Publié par Thierry Delcourt

EXPOSITION CAROLYN CARLSON AU MUSEE LA PISCINE
EXPOSITION CAROLYN CARLSON AU MUSEE LA PISCINE

Le Musée La Piscine-Roubaix et la Carolyn Carlson Company
ont le plaisir de vous inviter à l’inauguration de l’exposition

CAROLYN CARLSON
WRITINGS ON WATER

Le vendredi 30 juin 2017
à partir de 18h
à La Piscine
Musée d’art et d’industrie André Diligent de Roubaix

Direction Bruno Gaudichon
Commissariat Hélène de Talhouët

Carolyn Carlson a toujours écrit, dessiné, peint. Pour danser et en dansant, pourrait-on dire de la chorégraphe qui qualifie sa danse de poésie visuelle. L’artiste est plus secrète sur son œuvre graphique produit en parallèle. Un œuvre nécessaire, où le geste devient trace, où l’invisible devient visible, en contrepoint au geste éphémère de la danse.

Des premiers dessins sur de simples feuilles de papier aux encres abstraites, c’est cette expression méconnue de la chorégraphe que La Piscine accueille cet été. De ces feuilles se dégagent des séries de motifs inspirés des éléments (l’eau, l’air), du mouvement de la nature (la vague, l’oiseau), mais aussi de figures de danse et d’autoportraits plus ou moins abstraits ramenant au mouvement à l’état pur.

“Writings on water” (écrits sur l’eau), de la pièce éponyme de Carolyn Carlson, donne son nom à cette exposition qui présente plus de 100 croquis et dessins. Du 1er juillet au 24 septembre 2017, le musée a le plaisir d’accueillir de nouveau la saltimbanque apatride, qui a maintes fois collaboré avec La Piscine et en particulier pendant les neuf ans consacrés à la direction du Centre Chorégraphique National de Roubaix, pour un nouveau voyage graphique au bord du bassin roubaisien.

Hélène de Talhouët
Docteur en histoire de l’art, Commissaire d’exposition indépendant

 

EXPOSITION CAROLYN CARLSON AU MUSEE LA PISCINE

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MANGER L'AURORE LOUISE DUPUIS COMEDIE REIMS

12 Mars 2017, 07:03am

Publié par Thierry Delcourt

Il y a bien longtemps que je n'avais vu une telle performance d'actrice. Un spectacle envoutant, tout en paradoxe, celui des histoires qu'on ne raconte pas, des histoires à dormir debout. Louise Dupuis et son comparse Maxime lévèque nous transportent au plus intime de Tilikum, orque prisonnière d'un aquarium face à un public captivé, entrainé dans son intimité, sa sensualité, la violence de son désir et de son analyse politique.

Louise mêle le superbe poème de Pessoa, l'Ode maritime avec son texte tout aussi puissant, interpellant un public fasciné, et même médusé.

Un très grand moment de thêatre et de vie. J'y retourne sans hésitation, et allez y nombreux avant que, j'espère, cette pièce tourne partout, de la France aux USA. Peut-être qu'elle bouffera Trump !!!

poisson nettoyeur de bons sentiments

poisson nettoyeur de bons sentiments

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TRIBUNE DE L’ADOLESCENCE

11 Février 2017, 12:51pm

Publié par Thierry Delcourt

TRIBUNE DE L’ADOLESCENCE

Vendredi 3 mars 18h30 à l’Atelier
5 rue de l’Arquebuse
51000 Châlons-en-Champagne

Animé par le Dr Thierry Delcourt, Pédopsychiatre

Avec la participation de Maître Gérard Chemla, Avocat, Didier Martz, Philosophe, Sébastien Delval, éducateur spécialisé, et un

Débat avec des adolescents, animateurs et éducateurs chalonnais, en partenariat avec la Médiathèque de Chalons en Champagne.

Harcèlement          Addictions         Réseaux sociaux

      Mondes Virtuels       Radicalisation         Suicide

Il suffit parfois d’un rien pour que la vie d’un adolescent bascule : une rupture sentimentale, une recherche d’identité troublée par des situations existentielles difficiles, un mal-être, une mauvaise rencontre… Il en parle, c’est bien ! On l’écoute, on le comprend, c’est mieux !

 

De nouvelles formes de maltraitance entre ados apparaissent, par le biais des réseaux sociaux qui banalisent des actions violentes et conduisent les victimes au repli, parfois au suicide. La mise en scène de soi (buzz narcissique), de sa souffrance (affaire périscope), peut conduire à la mise en danger de l’ado et à des actes irrémédiables. Comment prévenir et les protéger ?

 

Dans un monde en mutation accélérée et incertaine, l’adolescent peine à trouver sa place et un projet de vie. Pris dans des contradictions angoissantes, il peut avoir tendance à se réfugier dans un monde virtuel pour préserver l’illusion d’une satisfaction immédiate. Il peut aussi tenter d’exprimer son malaise et se frayer un chemin dans la société dont il n’a pas les codes d’accès. La manipulation et l’enrôlement terroristes utilisent le désarroi et la quête d’identification de certains ados en mal de reconnaissance, voire d’amour, qui s’égarent dans des illusions de toute-puissance, d’héroïsation et de destructivité aux accents suicidaires. Quoi faire ?

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SUPERWOMAN POUR SUPERMAN

7 Février 2017, 20:17pm

Publié par Thierry Delcourt

A tous mes amis, à l'aube d'une année qui s'annonce chaotique à plus d'un titre,

voici ma chanson de l'année. Je l'écoute en boucle, elle stimule mon écriture car elle met en phase la pulsation de mon coeur.

On la retrouve aussi dans le superbe film d'Amei Wallach et Marion Cajori : Louise Bourgeois - L'araignée, la maîtresse et la mandarine.

Thierry Delcourt

https://www.tripalbum.net/borneo/pont-de-singe/

https://www.tripalbum.net/borneo/pont-de-singe/

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BIBLIOGRAPHIE THIERRY DELCOURT

2 Février 2017, 09:10am

Publié par Delcourt Thierry

Bibliographie

Je suis ado et j’appelle mon psy, Max Milo, 2016

Carolyn Carlson. De l’intime à l’universel, Actes Sud, 2015

Créer pour vivre - Vivre pour créer, L’Age d’Homme, 2013

Dépressives, hystériques ou bipolaires ? Les femmes face aux psys, Bayard, 2013

Rouge Noir, Le chaperon rouge et le Bzou, illustré par Rossbach, Sopaic, 2013

Sous les combes du ciel - La passion du galbe, Michel Gillet, La Castille, 2012

Tentation du portrait, Mauro Corda, Corda, 2010

Formes en Extension de Marc Gerenton, Prisme, 2009

Artiste Féminin Singulier, L’Âge d’Homme, 2009

Ateliers de Jean-Jacques Rossbach, Sopaic, 2007

Au risque de l’Art, L’Âge d’Homme, 2007

 

Né le 11 février 1951 – Thèse de docteur en médecine en 1979 – Mémoire de Psychiatrie et Pédopsychiatrie en 1982

Psychiatre, pédopsychiatre et psychanalyste

Ancien assistant des Hôpitaux Psychiatriques et Expert auprès des Tribunaux.

Exerce à Reims depuis 1982

Rédacteur en chef de la Revue Psychiatries, Paris

Rédacteur en chef du Bulletin d’Information des Psychiatres Privés, (SNPP), Paris

Président de l’organisme de formation pour le développement professionnel continu des Psychiatres privés, ODPC-PP, Paris

Vice-président du Syndicat National des Psychiatres Privés, SNPP, Paris.

Coordinateur scientifique de l’Association Française des Psychiatres d’Exercice Privé. (AFPEP)

 

Auteur de textes, séminaires et conférences dans deux domaines de recherche :

Psychiatrie clinique et condition sociale 

Processus de création artistique et créativité existentielle.

 

Suite bibliographie : Ouvrages collectifs récents

Du vertige à l’effroi ; au risque du transfert, in Le risque : à gérer… à prendre ? Revue Psychiatries n°1634-165, Afpep, 2016

Violence et art in Propos sur la violence de l’art, violence dans l’art, L’art-dit, 2016

Emprise de la violence, violence de l’emprise, in Emprises, Revue Psychiatries n°163, Afpep, 2015

Le trait vif d’un œil aiguisé, in Roland Devolder, d’encre et de papier, Auréoline, 2015

Créer et résister, résister et créer, in Résistance, Revue Psychiatries n°161-162, Afpep, 2014

Insolite soliloque, in Insolites de Mauro Corda, Opera Gallery, 2014

Hélène Duclos, vigie à l’orée du monde, in Polysémies, Bobook, mai 2014

Transcréation, Identité de genre, De Friville, 2013

Trémois, la passion à vif in Traits de passion, Univ. Paris-Descartes, 2013.

Subversion des discours et des contraintes normées, in L’invention du soin, Psychiatries n°159, Afpep, 2013

Vous avez dit matrimoine ? in Transmettre, Revue Psychiatries n°156 ; Afpep, 2012

Transmission, clinique et femmes in Transmettre, Revue Psychiatries n°156 ; Afpep, 2012

L’amitié sans concession in Michel Gillet, Jean-Jacques Rossbach, Sopaic, 2012

La poétique du féminin en Asie orientale, Artois Presse Université, 2012.

Une matrice pour produire de l’autre, in Création et démence, Art et thérapie, numéro 112/113, 2012.

Urgence et permanence des soins, in Être psychiatre aujourd’hui, Revue Psychiatries n°158, Afpep, 2012

Les contorsionnistes  in Le corps en mouvement, Univ. Paris-Descartes, 2011

Le corps en mouvement dans l’espace de création in Le corps en mouvement, Univ. Paris-Descartes, 2011

Ruta Jusionyte, Le Chant sourd de la terre, Pierre Marie Vitoux, 2010

L’acte artistique, un acte d’amour ? in Revue L’information psychiatrique n°10, 2010

Visages dépaysés in Le visage dans tous ses états, Univ. Paris-Descartes, 2010

Surface sensible et profondeur de l’instant in Tat Tvam Asi, Passages du Nord-est, 2009

À l’assaut des passions  in Quand l’amor monte, du Bout du Rien, 2009

Paradoxes et complexité in L’engagement du psychiatre, Revue Psychiatries n°152, Afpep, 2009

Passages de frontières in Entre deux rives – Exil et transmission, érès, 2008

La leçon de J.P. Sartre aux psychiatres in L’écoute, Revue Psychiatries n°150, Afpep, 2008

La connaissance au risque de la culture in Psychanalystes, gourous et chamans en Inde, L’Harmattan, 2007

Un combat pour l’Autre in Aux limites du sujet, érès, 2006

Résonance magnétique des mots in Les mots de la psychiatrie, Revue Psychiatries n° 142, Afpep, 2006

 

BIBLIOGRAPHIE THIERRY DELCOURT
BIBLIOGRAPHIE THIERRY DELCOURT

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TROP PETITE LA SCENE ? TUNNEL DES 50 AAFA

19 Janvier 2017, 07:30am

Publié par Thierry Delcourt

Pour celles et ceux qui le souhaitaient, voici le texte de mon intervention lors de la Journée du TUNNEL DES 50, un colloque passionnant et qui, surtout, parvient à poser des actions concrètes, tant quant à la reconnaissance du problème que des initiatives engagées ou en voie d'engagement. Encore une fois, félicitations aux organisatrices aussi joyeuses qu'efficaces.

Vous êtes médecin psychiatre, psychothérapeute, psychanalyste et je voudrais vous demander pourquoi vous êtes ici aujourd’hui…

En fait, le psychiatre, comme l’artiste, est un sismographe de la souffrance sociale, mais à travers la souffrance d’un individu.

Cette souffrance, on la trouve à des degrés divers. Et parfois, ça peut juste s’exprimer par le repli et le silence de la dépression.

Il ne s’agit pas de dramatiser le malaise des comédiennes de cinquante ans. Une relative invisibilité n’induit pas forcément une souffrance psychique. Il s’agit de faire le constat des dommages collatéraux provoqués par des choix culturels, sociétaux et politiques.

Pour ceux qui ne vivent pas concrètement cette invisibilité, il est facile de la dénier, de renvoyer ce constat au négativisme ambiant, à la déprime ou à la mauvaise foi. Pour eux, il suffirait d’être positive, de se secouer, avec au besoin un coup de pied aux fesses.

Et puis, quoi de plus banal que l’exclusion dans notre société, pas seulement pour les actrices, mais pour toutes les femmes. Et bien souvent, c’est juste lié à une question d’âge, d’obsolescence, de destin Kleenex qui se conjugue sur tous les registres : le métier, l’amour, le sexe, la politique...

Dans ce marché tendu des comédiennes, on constate une forte décote liée à l’âge et à la moindre modification de l’apparence. Comme pour la cote argus des voitures, la plus petite altération va faire chuter l’offre de rôle.

Et vous allez nous dire pourquoi… D’où vient le problème ?…

À mon avis, c’est un double problème : d’archétype et de stéréotype.

L’archétype relève du fond culturel commun qui nous est plus ou moins inaccessible.

La figure archétypale de la Femme nous traverse comme une évidence. Certains la voient même comme l’essence féminine, en écho à l’essence divine ou à la mère nature.

Cette figure mythique est entretenue par ceux qui occupent la place de gardien du temple et de la tradition culturelle et esthétique.

Le stéréotype est différent dans son empreinte psychique et sociétale, mais il se nourrit aussi de la figure archétypale.

Le stéréotype relève avant tout des conditions sociales, politiques et de plus en plus, économiques et médiatiques.

Il est à l’origine d’un rapport de force qui contraint l’individu à plier face au groupe social. C’est d’ailleurs un thème de fiction très prisé.

Ok, donc l’Archétype c’est la figure mythique de la Femme avec un grand F et les stéréotypes, ce sont les rôles que l’on nous assigne et qui nous enferment…

Oui, mais ça n’est pas inscrit dans le marbre. D’ailleurs, les mouvements de femmes agissent toujours pour déconstruire ces représentations archaïques.

Vous savez qu’on continue encore, à notre époque, à discréditer les femmes qui parlent, qui « la ramènent » comme on dit, en les taxant d’hystériques.

Si la contrainte sociale incite à se conformer aux stéréotypes, pour autant, il n’est pas impossible de s’y opposer. Mais il faut savoir que ce n’est pas donné à tout le monde et cela ne va pas sans risque, y compris celui d’être exclu.

Avec leur expérience de la parole et du jeu d’acteur, on pourrait espérer que les artistes et tous ceux qui les entourent, soient les mieux placés pour questionner et déconstruire cet ordre des stéréotypes, qu’il s’agisse de la place des femmes ou de toute autre vision sectaire et aliénante du monde.

C’est exactement ce qu’on essaie de faire avec cette rencontre…

Mais à quoi est-ce que les comédiennes se heurtent d’après vous ?

Eh bien… Au centre de la scène, tous les regards se portent sur la comédienne, et le moindre détail fait signe.

La charge symbolique de sa présence et le poids de l’imaginaire qu’elle véhicule, viennent autant du regard du public que du regard intérieur de l’actrice, dans le rapport intime aux archétypes et aux stéréotypes inscrits profondément en chacun de nous.

Jusque-là, tout reste possible et plutôt joyeux car le jeu d’acteur permet un décodage, une subversion et une déconstruction que le public est bien plus enclin à recevoir que les décideurs culturels pourraient le penser.

Le piège semble autrement plus perfide quand le pouvoir socio-médiatique est aux mains de décideurs économiques qui prétendent définir ce que le public attend en le branchant sur Audimat.

Et là, on ne trouve fatalement que ce que l’on cherche. Le résultat est connu d’avance, compte-tenu des prérequis de ces enquêtes.

La visée de ces décideurs dépend de leurs certitudes encore trop souvent aveuglées par des stéréotypes ringards.

On parle toujours de ce que voudrait regarder la « ménagère de cinquante ans » et donc, on continue à vouloir la formater. Dès lors, où et comment une femme trouvera-t-elle les moyens de se dégager d’une telle servitude ?

Il s’agit d’une censure insidieuse, qui ne dit pas son nom. Cette culture prémâchée avec ses a priori idéologiques façonnent le spectateur.

En quelque sorte, il y a le prescrit et le proscrit.

En écoutant le constat amer des comédiennes cinquantenaires, il semble qu’elles soient, et les statistiques le prouvent, du côté du proscrit, c’est-à-dire de ce qui n’a plus droit de cité.

À l’opposé de cela, le prescrit, dicté par les prescripteurs, c’est la jeunesse à tout crin et le modèle stéréotypé d’une femme lisse, fine et belle ; bref, c’est une femme à la beauté passe-partout, qui ne se reconnaît pas parmi d’autres, surtout si elle est conforme aux critères de sélection esthétique standardisés.

Pourtant, si on interroge vraiment le public, sans aucun doute, il aime les gueules, la marque du temps, la force de l’expérience, de l’âge et de la sagesse.

Il me semble que le public n’a jamais exclu de son panel la comédienne de plus de 50 ans, dès lors qu’elle s’engage avec son énergie et sa singularité dans son jeu d’acteur.

Alors, pourquoi les exclure ?

Pourquoi priver le public de la richesse et de la profondeur d’un jeu typé et expérimenté ?

 

Pour être concret, je vous propose de faire la distinction entre l’objet-femme en tant que figure archétypale, et la femme-objet en tant que stéréotype.

L’objet-femme est le produit d’un ensemble de représentations inconscientes.

C’est en quelque sorte un objet virtuel préfiguré, inscrit non pas dans nos gènes, mais dans la matrice de notre imaginaire. Chacun désire retrouver cet objet plus ou moins fétiche dans son environnement. S’il le retrouve, c’est la passion, mais il est toujours possible de s’accommoder de certaines variations à condition de pouvoir s’accrocher à un détail significatif.

Mais parfois, le moindre écart par rapport au modèle peut conduire à le récuser. La marque de l’âge est un de ces écarts qui peut s’avérer rédhibitoire.

La femme-objet, bien qu’étroitement liée à l’objet-femme, est le produit consommable stéréotypé d’un groupe social, plus spécifiquement masculin, mais pas seulement.

Ce produit varie en fonction des critères d’un groupe social défini.

S’il est consommable, le produit femme-objet est aussi jetable. Il peut même faire l’objet d’une obsolescence programmée. La conformité au modèle y est beaucoup plus rigide que pour l’archétype.

Autant la référence archétypale objet-femme vaut pour tous dans une culture donnée, autant la catégorie stéréotypée femme-objet est avant tout référée aux critères du mâle, à sa domination et à ses visées prédatrices.

Oui, L’objet femme c’est l’archétype et la femme objet le stéréotype…

Et la comédienne dans tout ça ?

C’est là où règne la plus grande confusion, puisque la comédienne incarne l’archétype objet-femme, que ce soit à travers certains rôles qui lui sont confiés, mais surtout par la place qu’elle occupe au centre de la scène, sous les projecteurs.

Or, pour ces mêmes raisons, elle est aussi soumise au marché en tant que femme-objet. Elle est offerte au regard et aux fantasmes du spectateur. Et ce spectateur est façonné par cet objet stéréotypé qu’on lui impose. Et la boucle est bouclée !

Oui, c’est La loi du marché quoi !

Oui, et j’ai précisément noté ce qu’une patiente m’avait relaté. Le producteur, un ami, lui avait répondu habilement quand elle avait insisté :

 « Comprenez-moi, chère amie, ce n’est pas vous le problème, vous savez comme je vous apprécie, mais c’est la loi du marché, et ça ne dépend plus de moi ; pour ce rôle, on sait que les spectateurs souhaitent voir une femme un peu plus jeune que vous ».

Elle ne comprenait pas pourquoi il ne lui avait pas donné un rôle de femme mûre dans une série, comme il lui avait promis.

Le producteur lui a barré l’accès à un rôle qui devait lui revenir. En cela, il a opéré une discrimination à l’insu de son plein gré (on peut lui accorder cela), car son choix est programmé sur des critères standards en lien avec ces stéréotypes.

Cette comédienne a donc subi une double violence :

Celle d’un refus mal argumenté sur son âge et ce qui s’en dévoilerait à l’écran.

Et sa conséquence, ce pourquoi elle consulte : la violence d’un miroir qui lui renvoie l’altération de son image car, désormais, sa vision est biaisée par ce rejet qui la conduit à se déprécier.

Et au niveau des fictions qu’est-ce que vous observez ?

Je trouve qu’on fait trop souvent le choix d’un narcissisme de pacotille qui ne repose que sur l’apparence afin de faciliter une identification à bon compte du spectateur.

On rend le public paresseux. C’est la clé du succès des fictions à la chaine. On offre au spectateur, en quelque sorte, de se glisser sans effort dans la peau d’un personnage qui incarne un stéréotype lisible, accessible et le plus séduisant possible.

Autrement dit, il s’agit aussi, pour le choix d’une actrice, de faire coller au plus juste la femme-objet à l’objet-femme, le stéréotype à l’archétype, le projet étant que la fiction plaise, qu’elle soit addictive, qu’elle rapporte et qu’elle devienne, si possible, une saga ou une série-culte.

Le combat est-il pour autant perdu d’avance ?

Non, bien entendu, à condition qu’une réflexion de fond accompagne la lutte, y compris auprès des jeunes femmes qui enfourchent trop facilement les stéréotypes que leurs aînées ont mis des dizaines d’années à démonter. Ce combat est celui de tous les progressistes. Ce n’est pas que l’affaire des femmes cinquantenaires.

Ces femmes qui restent belles, parfois plus belles encore, mais là n’est pas le problème, détiennent aussi des richesses qui ne passent pas que par l’apparence, et surtout pas par le jeunisme effréné auquel on voudrait les épingler.

Attaquer ces stéréotypes, c’est une lutte légitime et prioritaire face à la discrimination, et merci de vous mobiliser… ça me fera moins de travail en tant que psychiatre !

Mais, plus difficile, il s’agit de déconstruire et de refonder les archétypes qui sont tout aussi aliénants, grâce à un travail de fond individuel, de chacun et de chacune, et ce, dès la plus tendre enfance, et même dès le premier tunnel où on s’engage, celui de la naissance.

 

Thierry Delcourt, psychiatre, psychanalyste  

Site: http://www.thierry-delcourt.fr/

 

 

TROP PETITE LA SCENE ? TUNNEL DES 50  AAFA

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L'ACTE DU REGARD - L'ART DU REGARD

27 Décembre 2016, 08:19am

Publié par Thierry Delcourt

L'ACTE DU REGARD - L'ART DU REGARD

Comment regarder : pourquoi faudrait-il se poser une telle question ?

Après tout, un simple coup d’œil faisant confiance à l’intuition pourrait suffire ! Certainement, cette approche reste une valeur sure liée au plaisir et à la fonction distractive de l’art. Toutefois, se limiter à ce premier regard risquerait de priver le spectateur d’un autre plaisir, certes plus élaboré mais aussi plus riche dans son apport culturel.

La première modalité du regard correspond à une vérification contraignante : la chaise est une chaise et qu’elle soit de cuisine ou de Van Gogh, sa représentation est univoque. Sa fonction est le plus souvent pratique et utilitaire. Il s’agit d’une perception codée et figée dans sa correspondance entre une chose, un mot et un sens. C’est le réel sans faille ni rêve qui ne permet aucune sensibilité artistique.

Plus classique et, disons, utilitaire autant que culturel, il est possible de distinguer une vision engagée et contrainte par la préfiguration. Cette vision se plie aux icônes, aux symboles qui font référence à un monde transmis par l’œuvre ou puisé dans l’œuvre par celui qui ne peut y voir qu’une confirmation du monde qui l’habite. Le regard est contraint à une fonction d’invocation et de réaffirmation de la sujétion aux codes culturels rigides et orthodoxes. Cette vision préfigurée s’inscrit étroitement dans le corpus culturel ; elle anticipe la perception en imposant la contrainte du signe, celui d’une image-icône, d’une mélodie-refrain qui correspondent et renvoient à un symbole. Le symbole représente la contraction d’un mythe faisant fonction de vérité. Bien connu et largement utilisé dans sa dimension religieuse, le symbole iconique concerne tous les domaines de la vie en tant qu’il économise la pensée par un effet de massification et de certitude. Les humains en ont besoin, paraît-il… à moins que cet opium ne facilite la marche du monde en rendant plus efficace la contrainte du pouvoir quel qu’il soit.

Un peu plus loin encore et nous arrivons à une vision qui ne s’attarde à l’objet d’art que comme une pure forme. Voir se voudrait être là une vision brute, objective et formelle, exonérée du langage sensible et de la pensée subjective pour inventer un langage esthétique et sa pure pensée s’inscrivant dans le corpus des formes. La forme est, dans ce cas, traitée par un regard prétendu objectif, non sensible, anhistorique sauf concernant le champ esthétique qui constitue sa référence. Cette vision brute, utopie d’artistes et de critiques théoriciens, permet de considérer un art en train de se découvrir dans l’insistance de sa recherche formaliste.

Plus proche de l’amateur sensible à l’art, il existe une vision que l’on pourrait nommer associative, vision qui ne recule pas devant l’œuvre en acceptant le risque de s’y plonger et de laisser son être associer autour des sensations que provoque l’œuvre. Face à elle, l’immersion et la confrontation engagent la perception sur le mode « comment ça nous regarde » entre être vu, concerné par l’objet et le voir. L’objet créé convoque et provoque chez l’amateur un flux de représentations sensibles dans le travail intime et singulier de perception neuropsychique. Par cette vision associative, l’œuvre parle, évoque et invite à une expérience subjective de la forme, de la sensorialité immédiate empreinte de réminiscences et d’affects sensibles. Comme le rêve, cette vision génère des impressions, des émotions, des sentiments, des pensées intuitives et sensibles.

Enfin, et c’est un aboutissement pour l’amateur d’art, il existe une vision pensante mais qui suppose un apprentissage formel, historique, conceptuel du regard, sans pour autant renoncer à la résonance intuitive et à la vision associative. Ce regard liant l’ouverture sensible à la pensée permet un dialogue véritablement productif avec l’œuvre par l’acte de perception sentie et pensée. Il s’agit de se laisser voir en pensant l’œuvre dans sa forme et son inscription esthétique, culturelle et politique. L’apprentissage du voir suppose un guide et une pensée à l’œuvre éventuellement reliée au propos de l’artiste et à l’histoire esthétique mais qui ne doit pas compromettre l’appropriation sensible et associative. C’est le véritable acte du regard qui permet de se laisser voir en pensant sans préfiguration, sur l’instant et dans l’après-coup avec un aller-retour permanent entre ressenti, association et pensée.

Il est, bien sûr, tout à fait possible de transposer ces modalités à l’écoute musicale, au toucher ou au senti des amateurs d’art dans sa diversité. Dans ce contexte, il n’y a plus d’art mineur car chaque œuvre peut ouvrir un monde. Thierry Delcourt ©

L'ACTE DU REGARD - L'ART DU REGARD

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FESTIVAL DES ETOILES Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, un duo infernal

30 Octobre 2016, 17:48pm

Publié par Thierry Delcourt

FESTIVAL DES ETOILES Maurice Utrillo, Suzanne Valadon, un duo infernal

Samedi 5 novembre à 14h30 - Salle 30 et 50

Forum des images - Porte Saint-Eustache - 2 rue du Cinéma - 75001 Paris

Présentation du film réalisé par Catherine Aventurier : interview de Thierry Delcourt sur l'histoire et le psychisme de ces artistes et de leur relation trouble.

"MAURICE UTRILLO, SUZANNE VALADON, UN DUO INFERNAL"

"Ils sont deux peintres emblématiques de la vie de bohème : Suzanne Valadon la mère et Maurice Utrillo le fils.

Deux icônes de cette Butte Montmartre qui au tournant du 20ème siècle était le quartier des plaisirs, avec ses cabarets, ses cirques, ses artistes et ses mauvais garçons, avant d'être aujourd'hui la carte postale touristique de Paris.

Deux êtres excessifs, tourmentés, se moquant des conventions, en perpétuelle recherche d'équilibre sur le fil de leurs vies et de leurs carrières artistiques…

Un exemple unique dans l'histoire de l'Art d'un chassé croisé entre un fils visionnaire et une mère avant-gardiste."

Avec le soutien l'Association Maurice Utrillo

En partenariat avec France Culture

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Dépressives, hystériques ou bipolaires? Les femmes face aux psys

1 Octobre 2016, 07:04am

Publié par Thierry Delcourt

Colette Deblé

Colette Deblé

POUR INFO Le livre est épuisé, mais vous pouvez vous le procurer dans les bonnes librairies ou sur les sites d'occasion, notamment chez priceminister où il se vend autour de 5 euros !

(extrait de Dépressives, hystériques ou bipolaires? éd. bayard)

Une relation équivoque, à l’origine tumultueuse, se tisse depuis plus d’un siècle entre les femmes et les psys : psychiatres, psychanalystes et psychothérapeutes. Ces professions très récentes sont nées d’une discipline médicale articulée à une politique de la folie. Ceux qu’on nommait aliénistes au XIXème siècle ont instauré et progressivement théorisé un traitement moral de la folie visant à identifier et à prendre soin des « fous » autant que d’une société dont la propension au rejet de la différence ne s’est jamais démentie. Les possédées sont devenues des malades hystériques, les illuminés et les prophètes, perdant leur aura au profit de la folie, furent réduits à l’état d’aliéné irresponsable soumis au délire dont le contenu n’était que le témoin de leur dégénérescence.

Après avoir subi la dérive sécuritaire d’internements arbitraires en augmentation vertigineuse qui visaient à prémunir la société de tout dérangement, après être devenues objets d’expériences humiliantes aux fins d’asseoir des théories aussi fumeuses que sectaires et rétrogrades, les femmes particulièrement visées par cette vague d’enfermement ont pu progressivement bénéficier de l’opportunité d’une écoute et d’une attention grâce à un développement d’une psychiatrie centrée sur la personne et de la psychanalyse.

Le XXème siècle a connu une évolution fulgurante de la psychiatrie dans le souci d’un respect de l’être et de sa souffrance, dans la tentative de comprendre le fonctionnement psychique et, plus récemment, ses implications neuroscientifiques. Ce phénomène ‘psy’ reste l’ici et maintenant des sociétés occidentales. Il s’inscrit non sans réticence dans la diversité et l’hétérogénéité liées au brassage et au nouage des cultures, de leurs histoires politiques et sociales, de la place et du statut qu’y occupent les femmes, la science et les religions.

Les femmes, c’est une évidence qu’il est bon de rappeler, existaient bien avant que la psychiatrie et la psychanalyse ne voient le jour, en partie grâce à elles. Toutefois, privées de l’accès aux métiers dits nobles et à la vie publique, les femmes ont surtout contribué à l’essor de ces disciplines en tant que patientes, objets d’étude et d’expérience. Il en fut là comme dans les métiers artistiques où la femme tenait la place de muse inspirant l’artiste et le thème de son œuvre. Les recherches transversales entre sciences humaines et médicales ainsi que le brassage social et ethnique des populations ont donné naissance à diverses approches du traitement neuropsychique, aussi neuves qu’hypothétiques, aussi locales qu’étroitement liées aux données culturelles et politiques. Thierry Delcourt ©

pour en finir avec les stéréotypes aliénants sur les femmes, entretenus par les diagnostics stigmatisants de la psychiatrie

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Gérard Rondeau : photographe du fond du monde

15 Septembre 2016, 20:23pm

Publié par Thierry Delcourt

Gérard Rondeau : photographe du fond du monde
Gérard Rondeau : photographe du fond du monde

L'ami Gérard Rondeau vient de nous quitter brutalement, trop tôt pour nous montrer ce qu'il savait du monde, de son fond et de ses affres. Ses belles rétrospectives, dont celle du Cellier à Reims en 2016 étaient-elles prémonitoires. Repose en paix, Gérard, et nous n'oublierons jamais la magie de tes photos. Ci-dessous, voici quelques mots de Gérard Rondeau extraits de nos entretiens en 2005 et 2006 pour la réalisation de 2 ouvrages : Thierry Delcourt "Au risque de l'art", éd. L'Age d'homme 2007, et "Créer pour vivre", éd. L'Age d'homme, 2013

‘L’insistance de ma préoccupation s’est traduite dans la photo. Je voulais embrasser le monde avec une dimension sensorielle très présente… Le plaisir de la photo est devenu identique au plaisir de voir. Voir les choses en place, voir les reflets et le jeu de la lumière. Je me place pour organiser un panorama de la lumière… Sous la puissance de l’instant, de la situation, je suis bouleversé par quelque chose de plus fort qui ne se raconte pas… Mes sens sont exacerbés et je suis dans un état autre, où plaisir et sensualité me guident.’

Puis, évoquant le processus de création dans l’instant de prise de vue :

‘Le moment est parfois si intense que j’ai envie de le prolonger. Car, quand le bruit du déclencheur est là, l’instant est clos. Ce n’est pas un moment sacré mais plutôt un moment de jouissance.’

Gérard Rondeau évoque explicitement la transfiguration à l’œuvre dans cette sublimation élue en lui et par lui, qui lui offre ces instants de jouissance. Pris au jeu de cette quête de renouveler l’instant de cette composition idéale, il relate ses longues et passionnantes pérégrinations :

‘Quand je suis dehors avec mon Leica, là, le corps n’existe plus. Il s’efface. Je marche des heures sans compter l’attente et les arrêts. C’est le plaisir, l’intensité, une exaltation et une extrême légèreté.’

Gérard Rondeau ne passe pas son temps à photographier. Il ne veut surtout pas altérer la qualité et l’intensité de son travail créatif qui nécessite un sujet, un thème à explorer dans lesquels s’inscrit l’acte de photographier, à condition de le sentir. Il dit être très sélectif dans les sujets qu’il accepte. Il sait vivre autrement son désir dont une part devenue essentielle le comble par la création photographique....

‘Je suis très lucide sur ce que je fais et je ne dois pas me poser la question. Alors, je fais, je construis des livres. Je ne me fais pas beaucoup d’illusions, je les regarde peu et j’essaie de faire avec ce que j’ai. Je suis plein de doute, mais le doute ne remet pas en cause mon travail. Le regard des autres a son importance mais je ne montre pas mes photos spontanément. J’emmagasine. Je montre à ma femme et à mes enfants. Pour le reste, on prend l’habitude d’être jugé. À chaque portrait, on est jugé, alors, il faut prendre un certain recul. Que véhiculent ces jugements : par exemple, les livres sur Yves Gibeau et le Chemin des Dames, la maison vide, l’absence m’ont valu de nombreux courriers. Il y a le livre, la photo. Les gens s’approprient tout cela, et l’histoire intriquée à la leur. J’aime ça, surtout lorsqu’ils expriment leurs émotions. Pour le travail sur les musées, j’ai eu la réflexion : vos photos sont très drôles. Je n’y avais pas pensé ; c’est une réinterprétation. Moi, j’y voyais un rappel à l’ordre, une sorte de ‘vanité’, et, pour d’autres, c’est devenu drôle. Les œuvres sont lucides ; elles regardent le spectacle de la barbarie de notre monde, et le tragique devient drôle… On ne peut pas plaire à tout le monde. Il faut être lucide.’

Gérard Rondeau, puisant magiquement la lumière dans l’ombre si présente de ses photographies noir et blanc, se défend du doute et de son attente par une ‘lucidité’ mise en avant, anticipatrice des ombrages de la critique. Il réussit à déplacer l’attente d’une validation de sa création vers l’effet de dialogue qu’entraîne son œuvre, en acceptant la réinterprétation comme un enrichissement. Sa distanciation, en partie défensive, lui permet de mieux accepter l’enrichissement de la critique en l’écrémant de ses scories agressives. © Thierry Delcourt

Gérard Rondeau : photographe du fond du monde
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