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THIERRY DELCOURT

Sophie Rocco - Le bord du puits noir

6 Mai 2011, 05:54am

Publié par thierry.delcourt.over-blog.com

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Galerie Marie-José Degrelle

11 rue Goïot 51100 Reims

Du 6 mai au 11 juin 2011

 

Vernissage le vendredi 6 mai à partir de 18h

En présence de l’artiste,

Dialogue avec Thierry Delcourt

Auteur d’Artiste Féminin Singulier

 

Exposition ouverte

Du jeudi au samedi de 14h30 à 19h

Et sur rendez-vous au 06 71 92 15 22

www.galerie-m-j-d.fr tél. 03 26 24 30 14 

 

 

 

« L’artiste demande une réponse ; c’est une communication étrange : je veux un échange sinon je suis à côté, mais la toile ne doit pas être maîtresse : c’est un piège d’y être focalisée lorsque la patte, la touche juste, ne se fait pas ou quand le trait est gauche. Mais quand la technique peut être oubliée, il ne faut pas non plus que ça m’échappe trop. Ce doit être une apparition et qu’elle m’interpelle : ça va droit à l’intérieur, en moi, puis ça repart vers la toile. Je sais, alors, car ça fait du bien quand ça rentre à l’intérieur et que ça répond aussitôt sur la toile. S’il n’y a pas cet aller-retour, je sens une excitation négative et désagréable et alors, il faut savoir renoncer car dans ce qu’on vient de faire, et même si ça ne répond pas tout de suite, ce sera probablement une sous-couche et il y aura enfin quelque chose. »


Img0199.jpg« Cette épreuve est initiatique : avec patience et si possible pas trop de doute, j’accueille la vacuité, une plage de silence et c’est dans tout cela réuni que la création a lieu. Chaque moment renvoie à un rituel mais je dois faire attention à la monotonie ; il ne faut pas que la gestuelle et la technique amènent à la copie. Il faut se surprendre, ne pas être dominée par la technique. Il y a forcément des répétitions mais je dois faire attention de ne pas y être récupérée ; il faut qu’arrive l’accident qui emmène ailleurs. Je dois gagner, je dois lutter pour sauver la toile… et moi. Je perds la toile, je la retrouve ; je sais que je la perds quand il y a une raideur, une absence d’équilibre. Si je ne la sens pas, je rate le combat et j’aggrave, puis ça revient. Il y a des moments de désespoir ; c’est une épreuve inconfortable, un voyage où on n’est plus humain. Je ne suis plus là, mais ça n’est pas si grave ; je suis seule dans ce corps à corps mais je suis en mission. Tout ça n’est pas si grave par rapport au désespoir du monde. J’ai l’aptitude à relativiser mais je sais qu’on peut se faire très mal avec une œuvre. Mon ego est bien douché mais l’événement arrive, patience ! » suite dans Artiste féminin singulier éd. L'Age d'Homme 2009 par Thierry Delcourt

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jocelyne 08/05/2011 22:28


On ne guérit jamais de son enfance/souffrance mais avec un tel parcours, c'est une battante qui a pour exutoire la
peinture et qui aligne des silhouettes évanescentes comme
elle. Il n'y a pas d'artiste serein.