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THIERRY DELCOURT

RÉSISTANCE - JOURNÉES NATIONALES

3 Mars 2013, 10:12am

Publié par Thierry Delcourt

Les XLIIèmes JOURNÉES NATIONALESDE LA PSYCHIATRIE PRIVÉE se sont tenues à Lyon les 3 - 4 et 5 octobre 2013 sur :
RÉSISTANCE avec un succés remarquable et un débat très animé

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Engagement, Transmettre, Violence, Invention… Nos Journées sont à chaque fois
portées par la force et les résonances d’un mot. Cette année, l’actualité et le lieu du
congrès, Lyon, en ont imposé un : Résistance.
La résistance se crée dès qu’un mouvement a lieu. Le vivant parvient ainsi à résister à
des conditions ou des sollicitations inhabituelles. Agissant autant en physique et en
biologie que chez l’humain, la résistance est universelle.
Elle existe chez l’homme dans son rapport à sa propre altérité, à l’autre, à la société et
au monde.
Elle tend à s’imposer quand des événements, des pensées, des actions perturbent des
valeurs essentielles ou menacent la vie quotidienne d’un individu ou d’un groupe.
Résister, est-ce une affaire personnelle ou collective, est-ce se montrer réfractaire au
changement ? La résistance est-elle la force obscure qui s’opposerait aux nécessaires
évolutions ou au contraire l’aptitude des êtres humains à faire face à toute forme
d’abus et de mise en danger de son humanité ? Dire non représente-t-il la force
nécessaire pour préserver un équilibre, limiter les volontés hégémoniques, relativiser
l’aire de la religion, du pouvoir et de la science ? Dire non et savoir résister, n’est-ce pas
réaffi rmer des valeurs ?
Tant dans la vie privée que dans le champ professionnel, une nouvelle tyrannie de
la norme, issue d’une logique de concurrence et de rentabilité du marché, tend
à s’imposer. Elle réclame notre assujettissement. Y résister impose-t-il à chacun
d’exercer sa créativité pour s’affirmer comme sujet ?
Mais à l’instar du concept freudien, la résistance s’entend aussi comme fermeture,
répétition du même, autant côté patient que côté praticien avec le risque d’éluder
l’écoute, la parole et le soin. Quand le patient résiste, il nous met au travail, nous aide
à questionner notre manière de soigner. Car la résistance consiste aussi à repenser et
réinterroger notre pratique. Cela nécessite de laisser de côté les sirènes de la pensée
unique, de garder un esprit critique, de ne pas se contenter d’un entre nous aussi
rassurant que stérile et de s’ouvrir aux nouveaux champs de notre pratique : souffrance
au travail, exclusion, troubles narcissiques...
La tâche la plus digne du psychiatre est probablement celle qui permet à l’autre de
tenir bon, de résister à ce qui le rend fou en vivifi ant ses capacités inventives et non sa
soumission. Résister, c’est inventer, c’est créer, au risque de se tromper, c’est se tenir
debout en faisant face, d’instinct ou par conviction. Gageons que ces Journées
Nationales de l’AFPEP seront l’occasion pour chacun de prendre part à ce plus à
élaborer ensemble, car parler est un acte de résistance.

 

Atelier A : Créer et résister. Résister et créer

Atelier B : Continuer à penser la clinique

Atelier 1 : Résistance : le sujet et la norme
Atelier 2 : Transfert et résistance

Atelier 3 : Pratique clinique et résistance

Atelier 4 : Enfance, Adolescence - créer, c'est résister

LES INTERVENANTS
Hervé BOKOBZA, Psychiatre, Montpellier
Jean-Jacques BONAMOUR du TARTRE, Psychiatre, Paris
Patrice CHARBIT, Psychiatre, Psychanalyste, Président de l’AFPEP, Montpellier
Pierre DARDOT, Philosophe, Paris
Thierry DELCOURT, Psychiatre, Psychanalyste, Reims
Patrick FAUGERAS, Psychanalyste, Alès
Jean FURTOS, Psychiatre, Directeur Scientifi que de l’ONSMP-ORSPERE, Lyon
Sarah GATIGNOL, Psychiatre, Paris
Didier GAUCHY, Psychiatre, Psychanalyste, Lyon
Nicolas GEORGIEFF, Professeur de psychiatrie, Lyon
Claude GERNEZ, Psychiatre, Psychanalyste, Enghien les Bains
Alain GILLIS, Psychiatre, Luzarches
Jacques HOCHMANN, Professeur de psychiatrie, Lyon
Michel JURUS, Psychiatre, Lyon
Jean-Pierre KLEIN, Psychiatre, Directeur INECAT (Art-thérapie), Paris
Françoise LABES, Psychiatre, Psychanalyste, Paris
Patrick LANDMAN, Psychiatre, Paris
Antoine LAZARUS, Professeur de psychiatrie, Paris
Jean-Pierre WINTER, Psychanalyste, Paris
Georges ZIMRA, Psychiatre, Paris
Sofi ane ZRIBI, Psychiatre, Président de l’Association Tunisienne des Psychiatres d’Exercice Privé

Commenter cet article

sophie 07/07/2013 09:43

... La tâche la plus digne du psychiatre est probablement celle qui permet à l’autre de tenir bon, de résister à ce qui le rend fou en vivifi ant ses capacités inventives et non sa
soumission ...

Extraction d'une gemme qui mérite son appellation.

Jocelyne 05/03/2013 21:25

Lorsque l'être humain est plongé dans le plus profond
dénuement moral physique matériel il peut surgir de
l'infini une flamme pour le réchauffer l'arracher de son agonie, résilience, résistance,un rappel à la vie,envers et
contre tout, vivre absolument.
Résister à la pensée unique, à ce qui est injuste, garder
son espérance,oser parler et agir.

florence Phélippot 03/03/2013 12:22

La résistance: un beau sujet!
C'est une notion polysémique puisqu'elle fait sens à la fois dans le domaine de l'histoire, de la politique et de la psychanalyse.Peut-on réduire cette polysémie?
Le droit de résistance à l'oppression est inscrit dans la déclaration des droits de l'Homme et du citoyen du 26 août 1789. Il correspond à un droit naturel, inaliénable et universel de l'être
humain.Un doit naturel, c'est-à-dire un droit qui concerne tout homme quelle que soit sa nationalité: un doit qui implique l'idée d'une nature humaine.Mais doit-on concevoir une nature humaine ou
une condition humaine?
La résistance engage aussi la question de la révolte: "Je me révolte donc nous sommes" écrivait Albert Camus dans "l'Homme révolté". L'universalité de la résistance ne serait-elle pas à chercher
dans cette faculté de se révolter? Le propre de l'Homme n'est-il pas, dans cette perspective, de ressentir et de refuser l'injustice beaucoup plus que de penser?