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THIERRY DELCOURT

THIERRY DELCOURT

CARREFOUR ENTRE ART, PSYCHIATRIE ET PSYCHANALYSE. Recherche sur le processus de création et la capacité créative dans le soin et l'existence


Francis Bacon : les chimères de l’être

Publié par Thierry Delcourt sur 17 Septembre 2019, 20:40pm

Catégories : #culture - art et psychanalyse, #psychologie, #créativité, #Francis Bacon, #Pompidou

Francis Bacon : les chimères de l’être

Extrait de La folie de l'artiste - Créer au bord de l'abime. Max Milo

Peintre majeur du XXe siècle, Francis Bacon est un concentré de paradoxes. Il suscite d’âpres polémiques mais ne laisse personne indifférent. On aime ou on déteste son œuvre mais toujours est-il que la valeur marchande de ses tableaux atteint une cote ahurissante.

Comment se fait-il qu’une peinture aussi éprouvante, torturée et pour certains répulsive, ait pu recueillir un tel succès auprès du public ? Comment se fait-il qu'un homme aussi ouvert et chaleureux ait réalisé des toiles à ce point tourmentées ? Probablement parce que l’œuvre de Francis Bacon excelle dans une des fonctions majeures de la création artistique : elle permet de rendre visible ce qui ne l’est pas dans la réalité de la vie commune, ou qui ne fait tout au plus qu’y transparaître sans jamais se révéler en pleine lumière, au risque d’être censuré car obscène et cruel. C’est une autre réalité que tente de faire saisir le peintre. Accessible, affable, Francis Bacon s’est souvent plié au jeu de l’interview, et plusieurs vidéos sont disponibles en accès libre sur Internet. On y voit un homme posé, apparemment serein, qui explique patiemment ce qu’il convoque dans son geste et son art. Il n’y voit ni cruauté, ni distorsion, mais comme il le dit souvent, un réel qui est bien en deçà de la cruauté du monde. Paradoxe encore, son souci d’une précision du geste et d’une pureté du trait, alors même qu’il peint dans un espace qui tient plus du capharnaüm que d’un atelier de peintre. Il l’a souvent dit, il ne pourrait créer sans ce chaos qu’il habite et dont il a besoin pour peindre. C’est là, dans ce désordre qu’il va puiser les éléments nécessaires à son acte : une photo, une image, une atmosphère qui lui permet de transcrire sa réalité, sa vérité. C’est grâce à ce chaos, qui ne correspond pas à l’incurie d’un syndrome de Diogène, que sa création parvient à mettre de l’ordre dans le monde. Ce n’est pas un paradoxe, mais un constat : de ce désordre, il parvient à agencer sa réalité, sa vérité, la beauté, et donc à maîtriser le chaos en soi autant que ce qu’il perçoit comme le chaos du monde... suite dans le livre de Thierry Delcourt La folie de l'artiste - Créer au bord de l'abime. Max Milo

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