Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
THIERRY DELCOURT

Dépressives, hystériques ou bipolaires? Les femmes face aux psys

1 Octobre 2016, 07:04am

Publié par Thierry Delcourt

Colette Deblé

Colette Deblé

POUR INFO Le livre est épuisé, mais vous pouvez vous le procurer dans les bonnes librairies ou sur les sites d'occasion, notamment chez priceminister où il se vend autour de 5 euros !

(extrait de Dépressives, hystériques ou bipolaires? éd. bayard)

Une relation équivoque, à l’origine tumultueuse, se tisse depuis plus d’un siècle entre les femmes et les psys : psychiatres, psychanalystes et psychothérapeutes. Ces professions très récentes sont nées d’une discipline médicale articulée à une politique de la folie. Ceux qu’on nommait aliénistes au XIXème siècle ont instauré et progressivement théorisé un traitement moral de la folie visant à identifier et à prendre soin des « fous » autant que d’une société dont la propension au rejet de la différence ne s’est jamais démentie. Les possédées sont devenues des malades hystériques, les illuminés et les prophètes, perdant leur aura au profit de la folie, furent réduits à l’état d’aliéné irresponsable soumis au délire dont le contenu n’était que le témoin de leur dégénérescence.

Après avoir subi la dérive sécuritaire d’internements arbitraires en augmentation vertigineuse qui visaient à prémunir la société de tout dérangement, après être devenues objets d’expériences humiliantes aux fins d’asseoir des théories aussi fumeuses que sectaires et rétrogrades, les femmes particulièrement visées par cette vague d’enfermement ont pu progressivement bénéficier de l’opportunité d’une écoute et d’une attention grâce à un développement d’une psychiatrie centrée sur la personne et de la psychanalyse.

Le XXème siècle a connu une évolution fulgurante de la psychiatrie dans le souci d’un respect de l’être et de sa souffrance, dans la tentative de comprendre le fonctionnement psychique et, plus récemment, ses implications neuroscientifiques. Ce phénomène ‘psy’ reste l’ici et maintenant des sociétés occidentales. Il s’inscrit non sans réticence dans la diversité et l’hétérogénéité liées au brassage et au nouage des cultures, de leurs histoires politiques et sociales, de la place et du statut qu’y occupent les femmes, la science et les religions.

Les femmes, c’est une évidence qu’il est bon de rappeler, existaient bien avant que la psychiatrie et la psychanalyse ne voient le jour, en partie grâce à elles. Toutefois, privées de l’accès aux métiers dits nobles et à la vie publique, les femmes ont surtout contribué à l’essor de ces disciplines en tant que patientes, objets d’étude et d’expérience. Il en fut là comme dans les métiers artistiques où la femme tenait la place de muse inspirant l’artiste et le thème de son œuvre. Les recherches transversales entre sciences humaines et médicales ainsi que le brassage social et ethnique des populations ont donné naissance à diverses approches du traitement neuropsychique, aussi neuves qu’hypothétiques, aussi locales qu’étroitement liées aux données culturelles et politiques. Thierry Delcourt ©

pour en finir avec les stéréotypes aliénants sur les femmes, entretenus par les diagnostics stigmatisants de la psychiatrie

pour en finir avec les stéréotypes aliénants sur les femmes, entretenus par les diagnostics stigmatisants de la psychiatrie

Commenter cet article

Danièle M. 03/01/2017 13:59

Et je rajouterais même que ce n'est pas parce qu'on est une femme psy qu'on ne rentre pas dans la catégorie des "phallocrates misogynes"... Même pendant la guerre, il y avait des collabos... pour se positionner du côté du plus fort !

Danièle 03/01/2017 13:02

"Les femmes face aux psy" : Le problème entre les femmes et leurs psys est que trop souvent elles tombent sur des phallocrates misogynes pour lesquels le Phallus avec un grand P est la référence suprême de leur doctrine... qui n'est qu'un leurre pour cacher la crainte voire la terreur qu'ils éprouvent vis à vis des femmes et notamment de celles qui ont le toupet d'être folles !!!
A bon entendeur salut !!!
Je ne parle pas de vous Docteur Delcourt qui n'êtes (avec un tout petit nombre d'entre vous dans la profession) qu'
une exception à la règle.

Genet 06/03/2015 21:21

Cette éternelle focalisation sur les femmes... qui restent maltraitées dans les formes, très exposées socialement, quoique la société dans son ensemble fasse droit à la dévoration... Mais où sont les hommes ?
Bien à vous.

Laurent 01/10/2016 17:55

Les hommes dépressifs existent aussi... et font certainement l'objet d'un autre livre

JOCELYNE 24/01/2014 23:26

La dépression est une authentique maladie qui touche plus de 3 millions de personnes en FRANCE, les femmes étant deux fois plus touchées que les hommes, de par leur plus grande précarité sociale
sans doute. Des cas cités dans le livre, on retient qu'il y a des contextes de vie favorisants ou une accumulation d'évènements de vie, propres à chacun, qui peut déclencher la dépression.
C'est au médecin et à lui seul que revient la responsabilité d'identification de la souffrance et de la
prescription de médicaments si besoin.